16.Sep.2015 | Carte postale | Laissez un commentaire

Une carte postale de Filipa César

Carte postale
Powell and Owl, 2011. Courtesy Filipa César

Powell and Owl, 2011. Courtesy Filipa César

L’artiste Filipa César signe cette belle carte postale, sous forme d’un timbre à l’allure markérienne, découvert à Bissau. Cette trouvaille a été à l’origine de son projet « Luta ca caba inda » (La lutte n’est pas finie), montré au Jeu de Paume en 2012-2013. Depuis, Filipa a continué de travailler sur le processus de décolonisation en Guinée-Bissau, pays d’Afrique de l’Ouest colonisé par le Portugal pendant presque cent ans, en se concentrant notamment sur la figure centrale du leader indépendantiste Amílcar Cabral. Son dernier film, Mined Soil (2014) revient sur les liens entre la recherche menée par Cabral au Portugal en tant qu’ingénieur agronome et le processus d’indépendance guinéen. T.C.

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14.Sep.2015 | Le questionnaire de C. Schulmann | Laissez un commentaire

Emotional Technologies 
Q&A #3: Sarah Forrest

Le questionnaire de C. Schulmann
Sarah Forrest that now 2013

Sarah Forrest, That now, video HD, 10 minutes, 2013

I discovered the work of Sarah Forrest (1981) through Quinn Latimer, who had organised a show in Glasgow with a title that I really liked: “Mood is Made, Temperature is Taken.” One of Sarah Forrest’s films, that now (2013), uses the voice-over in a singular way. It is a homage to a Scottish filmmaker, Margaret Tait. Speaking of this film, Sarah explains that “I had wanted to write it like a statement of facts, with each line beginning with the word ‘that,’ creating a non-hierarchal text where memory, mood, thoughts, feelings might all be seen as facts.”

J’ai découvert le travail de Sarah Forrest (1981) grâce à Quinn Latimer qui avait organisée à Glasgow une exposition dont le titre me plaisait beaucoup : « Mood is Made, Temperature is Taken ». L’un des films de Sarah Forrest, That now (2013), fait un usage singulier de la voix off et se présente comme un hommage à Margaret Tait, la cinéaste écossaise. À propos de ce film, Sarah explique : « I had wanted to write it like a statement of facts, with each line beginning with the word ‘that’ creating a non hierarchal text where memory, mood, thoughts, feelings might all be seen as facts. » Clara Schulmann

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11.Sep.2015 | Le questionnaire de C. Schulmann | Laissez un commentaire

Emotional Technologies 
Q&A #2 : Katinka Bock [FR/EN]

Le questionnaire de C. Schulmann

Katinka Bock, Jonathan, 2014 © Katinka Bock

Katinka Bock (1976) vit à Paris. C’est là que l’on s’est rencontrées. Elle m’a demandé d’écrire un texte sur sa prochaine exposition aux Laboratoires d’Aubervilliers, Zarba Lonsa. Ses sculptures, installations, films et photographies traitent du lien, de ce qui unit ou désunit des objets. Ses réponses au questionnaire sont multilingues, ce qui n’est pas surprenant : elle ne cesse, dans son travail, de passer les frontières.

Katinka Bock (1976) lives in Paris. That’s where we met. She asked me to write a text about her coming exhibition at the Laboratoires d’Aubervilliers, Zarba Lonsa. Her sculptures, installations, films and photographs are about the bond, what connects or disconnects objects. Her answers to the questionnaire are multilingual, which is not surprising: in her work, she is constantly crossing frontiers. Clara Schulmann

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8.Sep.2015 | Le questionnaire de C. Schulmann | Laissez un commentaire

Emotional Technologies 
Q&A #1: Moyra Davey

Le questionnaire de C. Schulmann

Cover of The Problem of Reading.
Los Angeles: Documents Books, 2003

Moyra Davey (1958), lives in New York. I met her in Paris at castillo/corrales. Her text “The Problem of Reading” (2003) made a strong impression on me but I didn’t know at the time that she made films. Notes on Blue (2015), her latest film, describes her daily life. In her apartment, Moyra Davey films herself. Her voice talks about her readings and discoveries, and how these affect her life as a woman and an artist.

Moyra Davey (1958) vit à New York. Je l’ai rencontrée chez castillo/corrales, à Paris. J’avais été très marquée par l’un de ses textes : « The Problem of Reading » (2003), et j’ignorais alors qu’elle faisait aussi des films. Notes on Blue (2015), son dernier film, décrit son quotidien : dans son appartement, Moyra Davey se filme. Sa voix raconte ses lectures et découvertes, et comment celles-ci s’articulent à sa vie de femme et d’artiste. Clara Schulmann

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7.Sep.2015 | Le questionnaire de C. Schulmann | Laissez un commentaire

Emotional Technologies: On Women’s writing and filming –
a questionnaire by Clara Schulmann [FR/EN]

Le questionnaire de C. Schulmann

Photo Clara Schulmann, 2015

An emotional rentrée with Clara Schulmann

Starting this week, the Drones d’idées blog is hosting a new section, entrusted to a long-standing contributor, art critic Clara Schulmann, who teaches at the École d’Enseignement Supérieur d’Art in Bordeaux. The section is titled “Clara Schulmann’s Questionnaire.” You can find out more by reading the presentation of this very fine project conceived for women artists and concerning what Clara calls “emotional technologies.” Many thanks to Clara for sharing the results of her research with us. Teresa Castro

I recently began a research project on women’s voices. It started when I was intrigued by the female voice-over in film but has gradually moved from voice-over towards broader questions about the way women artists speak through their work. In the field of contemporary art, I was interested in artists whose practice embraces both filmmaking and writing.

This questionnaire aims to find out how these two activities are intertwined. I have a hypothesis in mind: these two activities and their alliances give a special potential to the rise of a singular position. The dialogue between the two describes a mental landscape, an emotional weather. It evokes situations, an economy, and ways of living. These questions are not meant to produce an overview or statistics but to collect impressions and relate experiences, both technical and personal.

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17.Août.2015 | Au fil de l'eau | Laissez un commentaire

Une fille, un drone – et un pilote cascadeur.

Au fil de l'eau

Norma Jeane Dougherty, photographiée par David Conover (version colorisée) publiée dans Yank, the Army Weekly, le magazine des Forces armées des États-Unis, 26 juin 1945.

Un film, c’est une fille et un pistolet, répète Jean-Luc Godard depuis les années 1960, en citant Griffith*. À chaque fois que je vois cette photographie de la jeune Norma Jeane, je ne peux m’empêcher de penser à Godard. Et si, dans notre monde contemporain, la boutade était en passe de devenir : le cinéma (et avec lui un ensemble de productions télévisuelles), c’est une fille et un drone ? C’était un peu la morale de l’histoire dans Zero Dark Thirty de Kathryn Bigelow, où les images de Jessica Chastain, contemplant les écrans dans la « Predator Bay » de la CIA, ne laissaient pas l’ombre d’un doute sur les héros de la capture de Ben Laden…

Mais revenons à Norma Jeane. Sur la photographie, elle n’avait alors que 18 ans, elle ne s’appelait pas encore Marylin Monroe et elle était toujours châtain.

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10.Août.2015 | Au fil de l'eau | Laissez un commentaire

Machine sans nerfs que tout émeut : phénoménologie de la voix des drones.

Au fil de l'eau



Gabriel Abrantes, “Ennui Ennui” (extrait), 2013, 33’30 min. Prod. Les Films du Bélier.

En 1919, dans les pages de Lectures pour tous on louait « les étonnants résultats » que l’on pourrait attendre de cette « machine sans nerfs que rien n’émeut », qu’était l’avion sans pilote : « bombardements à longue distance, photographie automatique de paysages ou de scènes animées, levées d’itinéraires, explorations de régions interdites ou d’accès difficile, poste aérienne, convoyage du personnel et du matériel par delà les monts et les mers ». En somme, le drone était né, même si l’objet technique qui lui correspondait allait encore mettre quelques années à être affiné.

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3.Août.2015 | Au fil de l'eau | Laissez un commentaire

Sur les images à charge – et leur pensée cartographique.

Au fil de l'eau
Protocole d’Alphonse Bertillon, Assassinat de monsieur Canon, boulevard de Clichy, le 9 décembre 1914 : vue par renversement / Préfecture de police de Paris, Service de l’Identité judiciaire. © Archives de la Préfecture de police de Paris.

Protocole d’Alphonse Bertillon, Assassinat de monsieur Canon, boulevard de Clichy, le 9 décembre 1914 : vue par renversement / Préfecture de police de Paris, Service de l’Identité judiciaire. © Archives de la Préfecture de police de Paris.

Le BAL présente jusqu’au 30 août prochain une exposition intitulée « Images à charge. La construction de la preuve par l’image » et consacrée « à l’image produite en tant que preuve par des experts, chercheurs et historiens dans des cas de crimes ou de violences individuelles ou collectives ». À propos de cet événement, j’aimerais revenir sur ce que j’appelle la pensée cartographique des images.

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24.Juil.2015 | Au fil de l'eau | 1

“Flying and Spying:
a Renaissance Dream Comes True”, by Zoltán Biedermann.

Au fil de l'eau

Jacopo de’ Barbari; Anton Kolb, Italian (Venetian), c. 1460/70-before 1516.
View of Venice, 1500. Woodcut from six blocks on six sheets of paper, 132.72 x 277.5 cm (sheet), 153.35 x 300.04 cm (outer frame). Minneapolis Institute of Arts, The John R. Van Derlip Fund 2010.88. Photo: Minneapolis Institute of Arts

Zoltán Biedermann est historien de l’époque moderne et de la cartographie. Il revient dans ce texte sur certains modes de vision de la Renaissance et leur lien potentiel avec la vision des drones. Un grand merci à Zoltán!

There was a new kind of trouble last year at Kanye West’s and Kim Kardashian’s Hollywood Hills home: a drone hovered above the pool while their daughter was learning to swim. Does it worry you? According to the British tabloid Daily Mail, it should. Because drones will “soon be a regular fixture over YOUR home” (Daily Mail, 6.9.2014). And why would anyone bother to send a drone into the air above my, your, or anyone else’s place? The thing with drones is, they respond to a deeply rooted desire we all have: not just to fly, not just to spy, but to do both things at the same time.

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22.Juil.2015 | Carte postale | Laissez un commentaire

Documenter une exposition oubliée : « Past Disquiet »,
par Anaïs Farine.

Carte postale
Jamil Shammout et Michel Najjar peignent la banderole de l'exposition internationale d'art pour la Palestine, Université Arabe de Beyrouth, 1978. © Claude Lazar.

Jamil Shammout et Michel Najjar peignent la banderole de l’exposition internationale d’art pour la Palestine, Université Arabe de Beyrouth, 1978. © Claude Lazar.

Voici une deuxième carte postale, signée Anaïs Farine (doctorante en études cinématographiques à Paris 3 et programmatrice), récemment de passage à Barcelone. TC.

Du 20 février au 1er juin 2015, le MACBA (Museu d’Art Contemporani de Barcelona) accueillait la remarquable exposition « Past Disquiet. Narratives and ghosts from the International Art Exhibition for Palestine, 1978 »1. Lors de la visite, il apparaît rapidement que Kristine Khouri et Rasha Salti ont moins tenté de reconstituer une exposition, que de documenter une époque de fertile contiguïté entre pratiques artistiques et militantisme. En prenant pour point de départ l’exposition internationale d’art pour la Palestine qui s’est déroulée à Beyrouth en 1978, l’exposition qui s’est tenue au MACBA esquisse la carte d’un monde qui s’oppose en tout point à la Zone décrite par Mathias Énard. Le romancier, évoquant Pierre Gemayel et le parti phalangiste qu’il fonde en empruntant le nom de son mouvement à l’Espagne, écrit en effet que « Beyrouth et Barcelone se touchent par pliage sur l’axe Rome/Berlin »2. De la France au Maroc, en passant par le Chili et le Japon, Past Disquiet met au contraire en lumière certains des points de contact anti-impérialistes au travers desquels, dans les années 1970, communiquaient ces différentes parties du monde. L’exposition permet également de mieux comprendre l’imaginaire partagé par différents acteurs de l’exposition d’origine ainsi que le dialogue fécond qui existait alors entre certains représentants de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), convaincus que la révolution passait aussi par la culture, et certains artistes engagés, inspirés par la cause palestinienne (je pense en particulier à la relation d’Ezzedine Kalak et Claude Lazar, deux figures clés de l’exposition).

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