Author Archives: jeudepaumeblog

« Les années se sont enfuies »
Montage #6

21 juin 2019

« Les années se sont enfuies et te revoilà à la même place qu’alors baigné de lumière irisée les yeux braqués sur le vide. Elle tarde.

« Ils viennent avec des gâteaux aux fruits. »
Montage #5

18 juin 2019

« Ils viennent avec des gâteaux aux fruits. […] Des collants en nylon marron. Chaussures en simili cuir.

« Cette lumière sans ombre. »
Montage #4

14 juin 2019

« Cette lumière sans ombre. Simplement pour t’absenter. Ou pour affaire comme ici. Une jambe unique apparaît.

« J’avance là. Frais et froid… »
Montage #3

12 juin 2019

« J’avance là. Frais et froid et encore plus froid. Sur le cuir. Recouvrant mes chaussettes blanches.

« Sachant d’expérience … »
Montage #2

07 juin 2019

« Sachant d’expérience que la stature ou grandeur qui vous est commune est la somme de segments égaux.

« D’abord le corps »
Montage #1

06 juin 2019

« D’abord le corps. Non. D’abord le lieu. Non. D’abord les deux.

Pensée picturale et textuelle : exercices de montage avec Elsa-Louise Manceaux

04 juin 2019

« Mais de loin la majeure partie de ce qui se dit ne peut être vérifiée »1Samuel Beckett, Company, London: Calder, 1979 ; Édition française : Paris, Ed. de Minuit, 1989 Pour la série de juxtapositions qui suit, j’ai invité Elsa-Louise Manceaux à …

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Désilluminations.
Par Elsa-Louise Manceaux

29 mai 2019

Pourquoi les gens voient-ils ce qu’ils voient ? Il faut qu’il y ait des conventions. Il faut qu’il y ait des attentes. Sans cela nous ne voyons rien ; tout serait chaos. Types, modes, catégories, concepts.

Siri Hustvedt, Un monde flamboyant, p. 73.

 
 
[caption id="attachment_33577" align="alignnone" width="2200"]Peinture ; Elsa-Louise Manceaux ; vision Vue de l’exposition d’Elsa-Louise Manceaux, « Desiluminaciones », 2018. Peinture acrylique, gouache, Flashe, tempera à l’œuf et crayon de couleur sur lin. 213 x 165 x 4 cm. Courtesy Galerie Lodos, Mexico, Mexique.[/caption]
 
 

D’après Hito Steyerl, l’inintelligibilité est devenue la nouvelle norme. Elle explique que l’information est transmise par des signaux que nos cinq sens ne peuvent percevoir((Hito Steyerl, Duty Free Art. Londres et New York : Verso, 2017, p. 47 – 49.)) (charges électriques, ondes radio, impulsions lumineuses). Aujourd’hui, notre perception du monde se fait très souvent à travers des machines. La vision humaine ne joue plus qu’un rôle mineur, elle a perdu de son importance. Ce que l’on voit est filtré, d’abord passé par la reconnaissance de formes et le décryptage des machines. Pour ces machines, les images ont une autre apparence, et sans traitement des signaux, les êtres humains sont incapables de les percevoir. Autrement dit, ces images invisibles à nos yeux forment une réalité inintelligible. Dans une certaine mesure, la réalité elle-même est devenue inaccessible à la compréhension humaine. Très souvent, la réalité est transmise par l’intermédiaire d’écrans (et je ne peux m’empêcher de penser au camouflage pixélisé de certains uniformes militaires). Si les machines décodent la réalité pour nous, et si tous les objets sont devenus des informations immatérielles, comment nous est-il encore possible de percevoir quoi que ce soit ? Cela ne fait aucun doute : la transformation de l’ensemble du réel en données numériques et la circulation de l’information ont une influence sur le sensible et sur notre manière de le percevoir. Pour la peintre Elsa-Louise Manceaux (née en 1985 à Paris et installée à Mexico), dans cette situation, il faut reconsidérer la peinture par rapport aux écrans et aux données; il faut que la peinture agisse sur ces nouvelles sensibilités.

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Miguel Ventura

28 mars 2019

Dans ses collages, Miguel Ventura (né en 1955, à San Antonio, Texas, actuellement installé au Mexique) juxtapose une multitude d’images apparemment disparates. Bâtiments d’architecture moderne ou contemporaine réalisés par des starchitectes, personnes célèbres, artistes, personnalités politiques, cadavres, quelques svastikas de-ci …

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Des limites de la rencontre et des fantômes du colonialisme : Mescaline, de Clarisse Hahn

20 mars 2019

Défaire l’organisme n’a jamais été se tuer, mais ouvrir le corps à des connexions qui supposent tout un agencement, des circuits, des conjonctions, des étagements et des seuils, des passages et des distributions d’intensités, des territoires et des déterritorialisations mesurées …

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